Changer son enfant d’école?

Quand Simon a fait sa rentrée à l’école en septembre dernier, je pensais que ce qui pourrait poser problème dans l’école, ce serait les enfants. Non pas que je sois trop cliché, mais je pensais vraiment qu’il ne serait pas à l’aise avec ses camarades. Mais bien au contraire, Simon est bien aimé, il est super content de ses copains.
On habite dans un tout petit village, du coup il y a regroupement dans le village à côté. Pour se rendre à l’école, il prend le bus au bout de notre chemin. C’est le moment qu’il aime le plus. Ce passage dans le monde des grands! Monter dans le bus sans parents, pour lui c’est comme prouver qu’il n’est plus ce tout petit qui passé les journées complètes avec maman. Moi j’y trouve mon compte, pas besoin de prendre la voiture, donc, pas de frais de route. Et quand Julien dort, je peux quand même récupérer Simon puisque l’arrêt du bus scolaire est devant chez nous.

Seulement, il y a une ombre au tableau, pas des moindres. C’est la maîtresse qui pose problème, et cela me fend le cœur.

Simon part à l’école le sourire aux lèvres, fière et heureux. Mais quand il rentre, c’est tout autre chose.

Il est épuisé et fatigué, il est irritable et pleure pour un rien. Son sourire n’est plus là, il est différent, je ne reconnais plus mon enfant.

On sait tous que le métier d’instituteur n’est pas facile. De temps en temps il faut élever la voix pour ce faire entendre des élèves. Mais dans l’école de Simon cela se passe autrement. La maîtresse a perdu sa patience et sa passion depuis longtemps. Elle crie toute la journée, elle ne supporte plus rien.

Simon se plaint toujours qu’il est fatigué car elle crie toute la journée. S’il était le seul à s’en plaindre, je ne me poserais pas trop de questions, mais là c’est l’ensemble des élèves qui vit mal le temps à l’école. Toutes les sections de maternelle sont avec la même institutrice, c’est une classe commune.

Le matin quand on attend le bus, il y a une petite fille de moyenne section qui reste au loin avec sa tata. Elle monte en dernière dans le bus, et il n’est pas rare qu’elle finisse par pleurer. Pour elle l’école est devenue un endroit de souffrance. Et je me dis que cela arrivera aussi à Simon si on le laisse dans cette école.

Alors depuis quelques semaines, je réfléchis à faire une dérogation et à inscrire Simon dans un autre village. Cela implique de faire les trajets avec la voiture, de devoir se garer loin et de réveiller Julien à chaque fois. Mais pour le bien être de mon enfant, je suis prête à tout.
Ce qui me fait peur, c’est la réaction de Simon. Il aime beaucoup ses camarades, il aime énormément prendre le bus scolaire. Il ne voit pas son bien être total et il sera sans doute très déçu. D’autant plus qu’on verra le bus scolaire tous les jours devant la maison, et qu’il voudra le prendre.

Mais il sera plus serein, j’en suis sûr. C’est un plus grand village, il y a une classe par section, du coup, il sera encadré au mieux, il apprendra comme il faut ce qu’un enfant de son âge apprend. La maîtresse sera plus patiente et du coup, il ne sera pas irritable comme il l’est en ce moment.

En septembre quand j’ai vu combien il aimé l’école, je ne pensais pas que quelques mois après il serait fatigué de supporter sa maîtresse, je ne pensais pas que je me retrouverais avec ce dilemme. Contre toute attente, je vais devoir faire ce choix qui fera de la peine à Simon. Mais qui pour son bien sur le long terme sera bénéfique. La vie de maman, c’est cela aussi, de devoir faire les bons choix.

arret de bus 1Julien qui attend le retour de son frère à l’arrêt de bus.